Comment se sentir à sa place : partie 5

- Julie BOUCHONVILLE

Comment se sentir à sa place : partie 5

La semaine dernière, nous avons réfléchi à certains outils qui peuvent être déployés pour générer des relations sincères. Aujourd'hui, nous terminons ce bref tour d'horizon et référons ce chapitre.

L'authenticité

Être soi-même

C'est le conseil le plus bateau, cliché, et répété à tort et à travers — et pourtant il reprend tant, en particulier pour les personnes autistes. Souvent, notre tendance au camouflage social nous pousse à nous éloigner d'un vrai « nous » et de ses besoins, et notre naïveté combinée à une difficulté courante à percevoir nos propres émotions fait que nous acceptons des situations qu'un personne plus neurotypique identifierait tout de suite comme problématiques.

 

Être soi-même, dans le contexte de la construction d'une relation authentique, c'est d'abord accepter de se présenter en tant que personne imparfaite et qui a ses opinions et préférences. Cela peut se traduire par toutes sortes d'interactions :

– Dire qu'une activité nous met mal à l'aise ou pourrait être « trop pour nous »

– Proposer une sortie dans un endroit qu'un tiers pourrait trouver étrange, mais qui nous tient à cœur (la visite d'un cimetière, un pique-nique dans une ancienne friche industrielle, une après-midi portes ouvertes dans l'atelier d'une dentellière…)

– Appeler pour reporter une visite car on se sent trop fatigué

– Répondre à un texte avec autant d'emojis qu'on le désir, sans se demander si quatre pour un message de six lignes, c'est trop, trop peu, ou juste bien

 

Bref, c'est laisser les autres voir que notre personnalité à des reliefs, au risque que ceux-ci déplaisent. Il peut être tentant de présenter un soi plus lisse et donc qui a le potentiel de plaire à plus de personnes, mais à cette tentation je propose le contre-argument que seuls les chiens sont aimés universellement pour leur personnalité affectueuse et dénuée de complications. Les gens ne fonctionnent pas comme ça. [1]

 

Poser ses limites

Ensuite, dans la continuité de cette première idée vient le concept de poser des limites aux autres. Plusieurs de mes clients qui ont un TSA peinent avec cette notion, peut-être parce qu'ils ont grandi avec l'idée qu'ils étaient la « personne pénible de service » et qu'exprimer des refus était mal reçu. Le sujet mériterait d'être approfondi plus longuement, mais en quelques mots, poser une limite est plutôt saine dans une relation : c'est le signe que l'on désire l'altérer pour la continuer en de meilleurs termes, plutôt qu'y mettre fin.

Poser une limite c'est : 

– Identifier une chose que l'on ne va pas faire (exemple : « je ne chante pas au karaoké, ça me met mal à l'aise »)

– Faire la différence : une limite concernant le comportement de celui qui la pose, pas ce que font les autres autour (« moi je ne chante pas, toi tu peux faire ce que tu veux au karaoké »)

– Proposer des options qui respectent la limite tout en trouvant un compromis (« Je peux te retrouver après le karaoké, ou alors je viens, mais je tape juste dans mes mains pour encourager ceux qui chantent »)

 

Poser une limite, c'est être authentique et vulnérable à la fois, puisqu'on révèle quelque chose sur soi tout en faisant confiance à la personne en face pour le comprendre et le respecter. C'est une aptitude qui s'apprend, et si cela peut rassurer mon lecteur, un nombre incalculable d'adultes ont du mal avec le concept, pas que les autistes. 

 

Toutes les relations ne se ressemblent pas

Enfin, être authentique, c'est aussi l'être au regard de ce que la relation apporte et ce qu'on y investit. On n'a pas le même genre d'intimité et de présence avec toutes nos relations, et c'est normal.

Entre le cousin avec qui on a grandi et à qui l'on se confie, et la pote qu'on ne voit que pour jouer au badminton, il va exister des différences d'investissement. Être authentique, c'est être capable de voir la relation pour ce qu'elle est, et ajuster tant ses attentes que son investissement émotionnel. Si Ananas attend que son collègue avec qui il va parfois voir une expo sur la pause déjeuner le soutienne lorsqu'il traverse un divorce, il va être très déçu.

S'il montre peu d'intérêt à sa sœur et ne la voit que dans des contextes où ils évitent de parler, par exemple quand ils vont au cinéma ensemble, leur relation ne va sans doute pas être très profonde. 

 

Il est en général plus satisfaisant, et plus sincère, d'avoir conscience des limites de la relation et de les respecter, que d'essayer d'extraire d'une relation ce qu'elle ne contient de toute façon pas.

 

Conclusion

Comme souvent, j'espère avoir avec cette série clarifié des éléments utiles pour mon lecteur, et avoir a minima soulevé des points qui pourront nourrir sa réflexion. Nous ne pouvons bien sûr pas nous attarder indéfiniment sur les sujets via nos articles ; si mon lecteur a des questions, je l'invite une fois encore à les poser en commentaire, et je le retrouve dès la semaine prochaine pour un nouvel article.



[1] Et il y a même des gens qui n'aiment pas les chiens.

 

Pour toute question sur nos articles de blog, contactez la rédactrice à : juliebouchonville@gmail.com


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